Magali est une jeune femme de 28 ans dynamique et très sociable, qui aime aller vers les autres. Ce n’est donc pas le fruit du hasard si elle a choisi un métier de terrain avec une forte dimension relationnelle. Elle a toujours aimé dessiner, c’est pourquoi elle a longuement hésité à rejoindre des études d’architecte. Elle a fait finalement le choix de découvrir le milieu du bâtiment dans sa globalité et d’opter pour une formation offrant de larges connaissances. Le secteur du BTP Économie de la construction, souvent méconnu, est pourtant particulièrement vaste, pouvant déboucher sur une grande variété de métiers dans le secteur privé et public, à des niveaux de responsabilités pouvant être importants.

Son Conseil

« Il est important de multiplier les expériences dans différentes structures. »

Son cursus universitaire

   Un parcours linéaire

Son Master lui a permis de compléter les connaissances dont elle disposait déjà et de se spécialiser davantage dans l’économie de la construction et développer une vraie expertise dans ce secteur.

Une spécialisation bien réfléchie

Son DUT lui a permis de découvrir tous les métiers possibles du BTP et de se diriger progressivement vers l’économie de la construction, la voie qui correspond le mieux à son profil et à ses envies. « J’aime dessiner et faire des plans, c’est donc tout naturellement que j’ai été attirée par cette branche pour l’aspect technique et le côté relationnel. »

Elle ne regrette pas aujourd’hui d’avoir poursuivi en licence puis en master. Ce niveau d’études dans le domaine de l’économie de la construction lui permettra de s’ouvrir sur des projets plus complexes, d’évoluer plus rapidement et de pouvoir prétendre avec de l’expérience à des postes à responsabilités, notamment de management. « Les séminaires dispensés par des intervenants professionnels m’ont beaucoup intéressés. On était dans le concret. »

     La mixité durant ses études

Les études en économie de la construction attirent davantage de filles que d’autres filières du BTP, très masculin dans son ensemble.

Variable selon les choix de spécialisation

En DUT, sa promotion comptait environ 25% de filles. « Cette formation reste assez généraliste donnant les bases de tous les corps de métiers du bâtiment et des travaux publics ce qui explique que l’on soit un peu plus nombreuses encore que ce à quoi je m’attendais. »

Elle a ensuite souhaité se diriger vers l’économie de la construction et a rejoint un master MEGA. Dans sa spécialité Ingénierie de la construction, les femmes représentaient même plus de 30%. Ce métier relationnel et polyvalent, exigeant une grande rigueur attire des femmes, souvent au caractère bien trempé. « La proportion de filles étant plus élevée que ce que j’avais connu en DUT, cela ne m’a absolument pas perturbé. J’avais quelques appréhensions et finalement j’ai même été agréablement surprise »

Dans d’autres spécialités, en Mécanique et énergétique, Mécanique des fluides ou encore en Thermique Energétique, cette proportion est moindre (entre 13 et 20 % de femmes). Inversement, en biomécanique la parité est quasiment parfaite, les femmes sont même légèrement plus nombreuses (53%). 

Un stage décisif

Elle a fait son stage de fin d’études dans un cabinet d’architectes qui a débouché ensuite sur un contrat d’embauche en CDD.

Elle s’était beaucoup impliquée dans son stage, curieuse de découvrir l’activité d’un économiste de la construction dans un cabinet d’architectes.

Elle a donc enchainé sur six mois en CDD. « Mais le cabinet n’avait pas la possibilité de me garder pour des raisons financières. Le directeur, satisfait de mon travail m’a recommandée auprès de mon employeur actuel. »

Ainsi, grâce à son investissement et son sérieux, Magali n’a pas eu à chercher longtemps un nouvel emploi. Ses compétences techniques et sa rigueur dans son travail ont été déterminantes dans la suite de son parcours et ont facilité son intégration dans le domaine de l’économie de la construction.

Le BTP, un secteur porteur

C’est un métier de bureau et de terrain aux facettes multiples qui regroupe au final une grande variété de possibilités dans un secteur de plus en plus demandeur.

L’avenir de cette profession est lié à celui de la construction. Et les besoins sont grands surtout que le suivi financier des chantiers est devenu un enjeu incontournable.

Si elle a envie un jour de changer de travail et de découvrir de nouveaux horizons, les possibilités sont nombreuses. A commencer par occuper le même poste mais travailler directement en interne pour de grandes enseignes (ses clients actuels) et participer à développer des concepts qui seront déclinés dans toutes les agences ou magasins de l’enseigne. Elle peut aussi devenir salariée dans un bureau d’études, un cabinet d’architectes ou d’économistes de la construction, ou  encore exercer pour les services techniques des mairies et collectivités territoriales. Enfin, elle peut aussi se lancer en activité libérale.

A terme, après quelques années d’expérience supplémentaires, elle pourra prétendre à des postes de directrice technique, directrice de travaux ou encore directrice commerciale au sein d’une grande entreprise, d’une PME du BTP, d’un bureau d’études ou d’une agence d’architecture.

Son métier de chargée d’opérations – économiste de la construction

Sa vision

Les aspects les plus plaisants du métier :

  • l’autonomie dont elle bénéficie
  • le travail de terrain : se déplacer pour assurer le suivi de chantier
  • l’aspect relationnel et le contact avec différents corps de métiers.

Les aspects plus négatifs :

  • les déplacements parfois assez loin, faire de la route
  • la difficulté d’être sur les chantiers en hiver
  • sa position de tampon bien souvent pour éviter le moindre conflit entre les différents interlocuteurs du projet.

Zoom sur ses missions

L’économiste de la construction est amenée à intervenir dans toutes les étapes de la construction et veille à sa bonne gestion financière. Elle doit être donc à la fois polyvalente, adaptable et rigoureuse.

   Avant-projet

Le travail d’une économiste de la construction commence en amont, dès les prémisses du projet.

Analyse des besoins

Elle va alors rencontrer le client, prendre connaissance des différents éléments du projet et réaliser toutes les études préliminaires nécessaires. Pour ce faire, après avoir discuté avec le client, elle veille à ce que ses besoins ont été bien identifiés. Elle doit clarifier sa demande autant que possible, poser les bonnes questions, demander les précisions pour répondre ensuite au mieux à son cahier des charges. Puis, elle consulte les documents administratifs et les notes techniques à sa disposition, le plan d’état des lieux lorsqu’il s’agit d’une rénovation afin de savoir comment se présente le chantier, et s’intéresse ensuite au plan du projet à venir pour lequel le client sollicite son cabinet. « Je m’assure de sa viabilité et je réalise par conséquent une étude de faisabilité en prenant en compte les contraintes identifiables qui se présentent. » Elle doit d’ailleurs bien connaître la législation en vigueur. Une fois les vérifications effectuées, elle est en charge de déposer le dossier en mairie, une formalité administrative indispensable au lancement d’un projet de construction ou de rénovation.

Chiffrage des travaux

Une fois la demande du client clairement cernée, elle doit déterminer combien cela va coûter à son client, en prenant en compte son niveau d’exigence.

Budgétisation du chantier

Elle choisit les matériaux (dont elle doit maîtriser toutes les propriétés) ainsi que les ressources : le matériel et les engins qui seront utilisés (béton, menuiserie, revêtement de sol, plâtre, vitres…). Elle évalue, à l’aide de logiciels informatiques très élaborés, le coût de la main-d’œuvre pour réaliser les travaux. C’est elle qui chiffre les coûts de construction et fait une estimation du budget avant d’entamer le chantier. Pour sélectionner les fournisseurs, elle doit faire preuve aussi de qualités commerciales lors de la négociation des tarifs pour bénéficier des prix les plus attractifs. Elle peut aussi proposer des variantes ou alternatives techniques moins coûteuses afin d’alléger le devis. Par conséquent, elle doit avoir une vraie expertise technique.

Puis, elle assure le suivi économique du projet sur toute la durée du chantier tant au niveau conception que de la réalisation, et veille donc à ce que le budget préalablement fixé ne soit pas dépassé.

Suivi d’affaire des travaux

Une fois le projet lancé (construction, aménagement ou transformation), l’économiste de la construction effectue des mesures et des croquis à l’aide de logiciels de dessin.

Un rôle de gestion jusqu’à la facturation

Elle doit être force de propositions, régler les éventuelles difficultés rencontrées et gérer les ajustements nécessaires. Elle planifie également les travaux sur le plan budgétaire ainsi que l’intervention des différents corps d’Etat sur le chantier (peinture, électricité, eau, gaz…).

Elle peut être amenée à accompagner des projets de toute nature, à savoir un réaménagement de bureaux, la création de petits magasins, ou encore la mise au concept des franchises de chaînes connues. Dans ce dernier cas, il s’agit de décliner la charte graphique et l’organisation type de l’enseigne dans la boutique franchisée en question.

Son souci reste le même, à savoir le résultat financier du chantier.

Pilotage des travaux

Une fois le chantier commencé, Magali surveille le bon déroulement des travaux.

Respect des délais et des coûts

Elle doit veiller au respect du prévisionnel des délais, du moins dans la limite du possible, et de la mise en conformité des travaux avec le cahier des charges. Les imprévus et contretemps sont fréquents sur un chantier. Elle fait donc l’interface entre le client et les entreprises prestataires, et s’assure que le chantier avance bien.

Elle coordonne l’ensemble des interventions jusqu’à la livraison finale des travaux au client, dans l’objectif de gérer le plan budgétaire en lien avec les équipes d’exécution, à savoir les directeurs et conducteurs de travaux.

Son environnement professionnel

La structure

Le cabinet, toujours en plein développement, compte actuellement quatre salariés et un directeur. Et c’est avec l’agrandissement de l’équipe qu’elle pourra évoluer vers davantage de responsabilités de management.

Vers plus de responsabilités

Son objectif est de rester et d’évoluer dans sa société actuelle : « Mes missions me plaisent, l’ambiance me convient, je m’y sens très bien, je n’ai aucune envie d’en changer. »

Elle était là dès les débuts du cabinet et l’a vu progressivement grandir et conquérir petit à petit de nouveaux marchés. Son patron lui laisse beaucoup d’indépendance qu’elle apprécie. « Cette confiance et la flexibilité dont je jouis n’ont pas de prix. »

Elle souhaite aujourd’hui continuer de participer à son développement pour décrocher de gros projets et avoir la gestion de travaux plus importants et donc encore plus intéressants. Pour le moment, la société est très souvent sollicitée pour des projets de rénovation dans le secteur privé, et encore rarement sur des chantiers neufs ce qui constitue à ses yeux les projets les plus intéressants, laissant davantage libre court à l’innovation et à la créativité.

Son environnement professionnel

Une fois le besoin du client bien cerné, Magali négocie ensuite auprès des fournisseurs les prix. Puis, tout au long du chantier, elle est l’interface entre le maître d’ouvrage (conseil, suivi de chantier), le maître d’œuvre (plans, études techniques), le bureau d’études et les équipes d’exécution.

 Une majorité d’hommes

C’est sur le terrain que la parité est la moins effective et elle est bien souvent la seule femme sur le chantier entourée d’hommes.

Peu de femmes sur les chantiers

Avec sa force de caractère, il en faut plus à Magali pour se laisser impressionner. « Je n’ai jamais rencontré de difficultés pour me faire respecter. La première impression est essentielle, il faut être professionnelle et sérieuse, c’est le seul moyen de gagner en crédibilité. Si l’on est hésitante ou pas sûre de ce que l’on avance, il sera bien plus dur de s’affirmer. »

Il n’est pas rare que certains clients fassent encore quelques plaisanteries à ce sujet mais cela reste toujours bon enfant, amical et très correct.

A noter qu’aux étapes de l’avant-projet et de réalisation des études, les femmes sont bien mieux représentées dans ces postes. Mais Magali ne renoncerait pour rien à son travail de terrain qui lui plait beaucoup malgré l’absence de mixité et les déplacements fréquents.

* MEGA : Mécanique, Energétique, Génie civil, Acoustique